Entre formes et couleurs, 1905 art space, Shenyang, Chine

Heureuse de participer à cette très belle exposition collective.
Curateur @olivierdipizio
Coordination générale @marie_gratzmuller @jp.bertozzi
Directrice artistique @emilyxu1905
@1905_art_space
J’y présente une dizaine d’oeuvres sur papier de ma série « Les vagabondes, bouquets-trottoirs ».
« Gilles Clément, philosophe et le plus célèbre paysagiste français, inventeur du Jardin en mouvement dans sa volonté classificatrice des états de nature a écrit Éloge des vagabondes – Herbes, arbres et fleurs à la conquête du monde. Ces plantes vagabondes n’ont pas bonne presse : on les appelle mauvaises herbes, fleurs sauvages, et elles sont trop souvent interdites de culture ou d’entretien ! Tout le processus esthétique de l’artiste est précédé d’un protocole performatif. Sur le terrain urbain elle observe les plantes voyageuses, sauvages qui envahissent les friches, les bords des trottoirs et les coins de murs des bâtisses. Cela correspond aussi au temps de récolte des éléments d’un herbier. Lors de cette quête elle constitue des bouquets-trottoirs. Ce qui prouve l’importance de cette promenade performance est que chacun d’eux est légendé par le lieu du site où il a été recueilli : « Les Vagabondes, bouquets-trottoirs n°1, 2, 3, 4… (rue de la Libération, rue du Maréchal Leclerc, rue Gilles Nicolle, rue de la Gabelle, passage Meurdrac, rue des Déportés Martyrs…) »
L’intérêt de l’artiste est quasi écologique « J’arpente la ville et collecte ces plantes rudérales, qui poussent spontanément dans des endroits improbables – magie de leur instinct de vie : quelques millimètres entre le bitume, le béton, la pierre et la brique. » Cette série rejoint les préoccupations du plasticien multimédia portugais Joao Penalva dans « The Weeds of Hiroshima » quand en 1997 il a reproduit en les solarisant sous forme de photogrammes les mini-plantes urbaines ayant survécu 52 ans après la bombe atomique d’Hiroshima.
On peut penser aussi dans cette logique qu’en respect des dimensions dans le réel Héloïse Guyard ne crée que de très petits formats, qu’elle réunit certes en tableaux mais qui nécessitent une vision de près.
Le second temps de construction de ces images-traces revient à l’atelier. L’artiste réunit ces plantes, migrantes en « bouquets-trottoirs » qu’elle photographie et inventorie. Vient un temps chimique où elle broie et presse les bouquets pour en récupérer les pigments. D’autres manipulations voient ces pigments teinter ses papiers. Enfin elle dessine à l’encre point par point, des fragments de chacune de ces plantes, créant des planches botaniques, qu’elle envisage comme « un herbier des interstices ». »Extrait de l’article de Christian Gattinoni / lacritique.org
Vues de l’exposition et du vernissage « Entre formes et couleurs » au 1905 art space à Shenyang :
Titre de l’oeuvre : Les Vagabondes, bouquets-trottoirs n° 6, 7, 8 ,9 (rue Lavoisier, chemin du
Bord de l’Eau, rue Beuselin, avenue du Général de Gaulle, rue Sadi Carnot, rue Georges
Clémenceau, rue des Oiseaux, boulevard Néhou,rue de la Libération, rue du Maréchal Leclerc,
LES ANDELYS / rue des Augustins, rue Auguste Houzeau, rue Molière, rue Eugène Dutuit, rue
Mortainville, ROUEN / route des Sabias, page des Sables Rouis, rue de l’Atlantide, rue de la
Croix de Ker Châlon, rue de Ker Châlon, rue de l’Ardillée, rue Paul Nassivet, rue Morgane, ILE D’YEU)
Papiers teintés avec les pigments des « bouquets-trottoirs », empreintes / traces d’encres d’impression sur papiers donnés et sur transparents, 18×13 cm chaque.
2025
Heloise Guyard
