« ADN du vivant, explorations botaniques », Galerie du Lycée André Malraux, Gaillon
Exposition en duo avec Nathalie Borowski
Installation in situ
17 mars > 10 avril 2026
Galerie du Lycée André Malraux
59 avenue François Mitterrand 27600 Gaillon
02 32 53 59 82


«ADN du vivant, explorations botaniques»
Nathalie Borowski – Héloïse Guyard
Au sol, un puzzle de bois se déploie comme un territoire fragmenté. Chaque pièce d’Héloïse Guyard accueille un dessin végétal — formes de feuilles, tiges, racines — relevé avec précision et sensibilité. Le végétal y apparaît à la fois familier et décomposé, comme observé avec une rigueur proche de l’étude scientifique autant qu’avec une sensibilité intuitive.
En résonance, Nathalie Borowski fait émerger un univers cellulaire : motifs inspirés de l’ADN, structures microscopiques, réseaux organiques. Ses dessins évoquent les processus invisibles qui, dans la lenteur et la répétition, construisent le vivant végétal.
L’infiniment petit dialogue ici avec le monde visible, rappelant que toute forme de vie partage une même architecture fondamentale et repose sur des mécanismes invisibles, complexes et interconnectés. La lenteur de leurs dessins fait écho à celle de la pousse des végétaux : un temps discret, presque imperceptible, mais fondamental. Le végétal y apparaît à la fois familier et analysé, observé avec une rigueur proche de l’étude scientifique mais laissant néanmoins émerger une poésie abstraite.
Entre les pièces du puzzle, des tubes à essai contenant des plantes séchées ponctuent l’installation. Ces fragments conservés agissent comme des traces, des archives du vivant, suspendues entre étude, mémoire et disparition. L’installation propose ainsi une circulation entre botanique et biologie, entre dessin et matière, entre sol et regard. En circulant autour de cette cartographie fragile, le spectateur est amené à recomposer un paysage où le vivant se pense comme un réseau de liens, de métamorphoses et de correspondances. L’ensemble interroge notre relation au vivant végétal : sa capacité d’adaptation, sa vulnérabilité face aux transformations de son environnement, mais aussi sa persistance. En fragmentant, en observant, en archivant, l’installation invite à ralentir le regard, à accorder de l’attention à ce qui évolue lentement, et à repenser le végétal non comme un simple décor, mais comme un organisme actif, sensible et résilient, porteur de mutations et de résistances.
L’exposition souhaite offrir un regard poétique et immersif sur la place du vivant. La plante à la fois symbole de vie et de croissance interroge la place de l’humain dans l’écosystème. Elle nous rappelle que tout cycle de vie est rythmé par une série de transformations et de passages, de la naissance à la floraison jusqu’à la décomposition. Le vivant est ici envisagé comme une continuité fragile et précieuse, et la plante en devient la manifestation sensible.
Cette installation invite à ralentir et à porter attention au vivant végétal, à ses rythmes discrets et à ses transformations invisibles. En confrontant le temps du dessin à celui de la croissance, elle questionne notre capacité à observer, comprendre et préserver un monde qui se déploie loin de l’urgence humaine. En réunissant dessins et installation, l’exposition joue sur les échelles et les perceptions pour créer un espace où la plante, dans sa simplicité et sa complexité, devient un écho à notre condition humaine. Elle invite à la contemplation, à la reconnexion avec la nature, et à une prise de conscience de notre interdépendance.
Heloise Guyard